ONET et la SNCF à Cornavin : partenariat, externalisation et frontières de l'organisation
Stefan Marinkovic
Mémoire publié en 2000 - 55 pages


Résumé

Comment le service de l'agencement-réservation peut-il rester "sous la coupe" de la SNCF après son externalisation ? Cette question a débouché sur la problématique de mon mémoire, qui en constitue la colonne vertébrale : "quelles sont les conséquences d'une externalisation pour les frontières des entreprises concernées ? (Le cas des entreprises ONET et SNCF à la gare de Cornavin)."
Mon terrain de recherche, tel qu'il a été rapidement décrit dans la partie précédente et tel qu'il le sera nettement plus précisément dans le chapitre à venir, a nécessité plus qu'aucune autre "théorie", du moins méthode de recherche, celle de l'interactionnisme symbolique. Je me suis en effet beaucoup servi de cette démarche pour l'extraction d'informations de mon terrain d'enquête. J'ai également eu recours aux notions et aux méthodes du modèle stratégique et à sa grille de lecture.

Dans ce qui suivra, j'expliquerai les raisons qui m'ont amené à me servir de ces deux approches qui me paraissent être complémentaires dans l'analyse et la compréhension de mon terrain. La complémentarité est effectivement un aspect important de l'utilisation de ces deux théories mais c'est également leur cohérence qui légitime le fait que je puisse m'en servir simultanément. En effet, deux choses peuvent être complémentaires sans être cohérentes et a fortiori en ce qui concerne des notions sociologiques. Or l'interactionnisme symbolique et l'analyse stratégique sont deux courants qui peuvent se revendiquer comme étant des sociologies de l'action car mettant au centre de l'organisation sociale, donc de la société et de ses entités, des individus "conscients" et leurs actions.

L'interactionnisme symbolique et l'analyse stratégique sont donc deux approches cohérentes de la société dans le sens où elles répondent à une conception semblable de l'individu.
Pour prouver cette cohérence, je vais exposer le cas inverse : si l'utilisation de deux approches répondant à des conceptions de base différentes (à savoir la place et le rôle accordés à l'individu) peut sembler complète, elle devient néanmoins dénuée de sens et se transforme alors en une vision fourre-tout et pouvant aller jusqu'à la démagogie. Par exemple, prenons le courant du structuralisme génétique (dont le fer de lance est sans doute à notre époque le sociologue Pierre Bourdieu) qui soutient que les individus sont des agents des structures sociales. Cela revient à dire en quelque sorte qu'ils ne sont pas maîtres de leurs actions mais que celles-ci leur sont "dictées" par la pression des institutions telles que l'école, la famille, le mariage, etc... Cette vision de la société est défendable, légitime et compréhensible et je ne veux pas porter ici de jugement de valeur, mais en aucun cas une telle conception de la société ne peut être couplée à une vision antagoniste (comme l'est dans ce cas la sociologie de l'action). La complémentarité de ces deux visions pourrait être satisfaisante si elles ne supposaient pas chacune une conception si différente de l'individu et de sa nature. On peut dire en résumé qu'un auteur comme Bourdieu suppose que l'individu est dénué de conscience réaliste vis à vis de ses actions (puisqu'il agit en étant "poussé" par les structures sociales). A l'opposé, un individu considéré par une sociologie de l'action sera défini comme conscient de ses faits et gestes quant à leurs conséquences sur sa vie (à plus ou moins long terme selon les approches "actionnalistes") et doué de raison dans le sens où il a un côté calculateur vis à vis de ses actions.
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