La préface de roman comme système communicationnel : autour de Walter Scott, Henry James et Joseph Conrad
Maxime Leroy
Thèse publié en 2009 - 183 pages


Résumé

La thèse propose une lecture des préfaces auctoriales de Scott, James et Conrad, ainsi que celles d’autres auteurs britanniques tels Stevenson, Thackeray, Dickens ou Hardy. Les textes étudiés vont de 1830 (publication du magnum opus de Scott) à 1920 (publication des œuvres complètes de Conrad).

L’approche se veut essentiellement poétique (il s’agit de poser la question de la forme et du genre préfaciels), mais fait largement appel à des concepts issus d’autres disciplines, au premier rang desquelles la systémique et diverses théories de la communication.

L’introduction justifie le choix du corpus et pose les questions centrales de la recherche : « pourquoi écrit-on des préfaces, et pourquoi les lit-on ? Quels sont les rapports des préfaces aux romans qu’elles introduisent ? Peut-on dire que la préface forme un genre, comme on le dit du roman ou de la tragédie ? Que nous apprennent les préfaces ? ».

Le chapitre 1 (intitulé « L’héritage critique ») résume et confronte les principales théories existantes de la préface (celles de Derrida, Genette, Mitterand et Gray), et les situe dans la problématique de la thèse. Ces théories s’avérant insuffisantes pour rendre compte du fonctionnement de toutes les préfaces, une approche communicationnelle, plus globale, est alors proposée.

Le chapitre 2 (intitulé « Le contexte communicationnel ») redéfinit donc le statut des préfaces à partir de leur contexte communicationnel. Appellation, destinateur, destinataire, lieu : l’analyse de ces quatre éléments permet de saisir la préface comme espace de communication complexe. Décrite d’un point de vue pragmatique, la préface apparaît comme un lieu de discours instable, traversé par des voix multiples et habité par les attentes et désirs du lecteur.

Le chapitre 3 (intitulé « Le système préfaciel ») montre comment ces éléments de contexte s’agencent en systèmes organisés, aussi bien à l’intérieur de chaque préface que dans les rapports de celle-ci à son environnement. Une méthode encore largement ignorée en critique littéraire, la systémique, sert de support théorique à la description de différents modes d’organisation (contrat critique ou autobiographique, mise en place ou non de séries de préfaces, rapports de la préface au roman ou à d’autres écrits de l’auteur).

Le chapitre 4 (intitulé « Fonctions communicationnelles des préfaces ») décrit certaines fonctions communicationnelles induites, différentes selon les auteurs : la négociation par Scott de l’introduction de formes romanesques inédites ; la leçon de critique faite par James au lecteur ou au contraire la conversation amicale que Conrad cherche à engager avec lui ; la représentation théâtrale du moi et de ses affects dans les préfaces de Dickens. A chacune de ses fonctions correspond la mise en place de logiques communicationnelles particulières.

Le chapitre 5 et dernier (intitulé « Mais une préface a-t-elle un sens ? ») s’interroge sur la portée sémantique des préfaces, opposant notamment les efforts de balisage du sens de l’œuvre par James à l’affirmation de sa pluralité par Conrad. Plusieurs conceptions de la vérité et du rapport préface / roman sont mises à jour, liées notamment aux réseaux métaphoriques déployés (cartographie et peinture, entre autres) et à la question de l’origine des romans, sur laquelle les préfaciers font si souvent retour.

La conclusion revient sur les approches théoriques suivies, soulignant notamment l’intérêt de combiner systémique et théories de la communication. Après avoir répondu précisément aux questions posées en introduction, elle suggère quelques prolongements possibles (avatars de la préface aujourd’hui, critique génétique ou psychanalytique, par exemple). Elle défend la vision des préfaces comme interfaces : « moins des seuils que des façades (des interfaces), qui montrent, autant qu’elles cachent, un monde inconnu ».
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Maxime Leroy

Université d'Angers
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