La Flexicurité en Europe : Fondements et Indicateurs
Sébastien Lebas
Mémoire publié en 2010 - 73 pages


Résumé

Avec l’augmentation massive du chômage dans les années 1970, la lutte pour l’emploi est arrivée au cœur du débat politique. Aujourd’hui, 44 % des Français considèrent l’emploi comme la priorité la plus urgente du gouvernement.

Les mesures de désinflation compétitive des années 1980 ont permis de juguler l’inflation, mais conformément aux enseignements de la courbe de Philips, le chômage a augmenté. Cette relation s’explique par le fait qu’au delà d’un certain niveau de chômage, les salariés ne sont plus en position de force pour exiger une hausse des salaires, synonyme d’inflation et de hausse des couts pour les entreprises.

Conformément à cet enseignement, on constate une baisse de la part des revenus du travail dans la valeur ajoutée à partir des années 1980 en Europe. Alors qu’elle représentait 76% de la valeur ajouté en 1980, la part salariale a reculé à 68% en 1998. En d’autres termes, la « contrainte » inflation/chômage illustrée par la courbe de Philips, s’est soldée par un arbitrage des pouvoirs publics vers une préférence pour la maîtrise des prix plutôt que le plein emploi. Ce recul marque l’acceptation par les syndicats d’une modération salariale pour le bien-être collectif, en échange de futures créations d’emplois, lorsque la croissance sera revenue.

Suivant cette logique, la majeure partie des pays européens conservèrent des taux de chômage très élevés, accompagnés d’une facture d’indemnisation de plus en plus importante dans les années 1990. Le modèle de développement national s’orientait alors vers une flexibilité des relations de travail à l’américaine, avec une forte rotation des travailleurs, garantissant, suivant la logique de la main invisible, une économie plus dynamique et surtout, génératrice d’emplois plus nombreux.

Malgré cette influence, à la fin du 20e siècle, plusieurs pays du Nord de l’Europe ont réussi à repousser le problème du chômage au second plan, introduisant une flexibilité des formes d’emploi, tout en garantissant une sécurité accrue aux personnes les plus en difficulté. De cet « équilibre », est née la notion de la flexicurité du marché du travail, qui prend une place grandissante dans les débats de politique économique et devient « LE » remède préconisé par la commission européenne.

On peut se demander, dans la conjoncture actuelle, quels sont les éléments qui poussent vers une demande accrue de flexicurité du marché du travail.

Dans un premier temps, il est nécessaire de présenter les enjeux et les théories économiques, justifiant la mise en place d’un nouvelle politique. Pour ensuite, pouvoir situer les pays européens suivant cette logique de développement.
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