La filière biologique : enjeux des distributeurs spécialisés.
Alexis Boutin-Guillemot
Mémoire publié en 2002 - 126 pages


Résumé

Aujourd'hui, l'agriculture biologique progresse sous l'influence de différents facteurs. Résultat des problèmes récurrents de sécurité alimentaire, les Français se méfient des produits issus de l'agriculture conventionnelle dont on a pu récemment constater les effets sur la santé animale et humaine. En effet, les consommateurs sont de plus en plus convaincus par l'idée qu'il existe un lien évident entre santé et alimentation. Ceci explique certainement pour une part un engouement pour les produits biologiques. De plus, les évolutions et adaptations de la Politique Agricole Commune engagées ces dernières années, ainsi que la réflexion menée sur l'avenir du monde rural et la prise de conscience politique des enjeux environnementaux, contribuent à créer un contexte favorable à la reconnaissance et au développement de l'agriculture biologique. A tel point que désormais, la consommation française croît plus rapidement que la production, ce qui rend la France déficitaire en produits biologiques.

L'enjeu actuel n'est donc pas tant d'inciter à la consommation que d'organiser le développement de la production qui jusqu'à présent souffrait d'un réseau atomisé : désormais, les filières de distribution et de commercialisation doivent se structurer. Face à cette prise de conscience de la nécessité de centraliser l'offre, les producteurs s'unissent au sein de différentes formes de groupement au même titre que les transformateurs et distributeurs. Mais la cohésion entre l'aval et l'amont est également indispensable. Les relations entre les acteurs, de la production agricole à la distribution finale, doivent être alors réorganiser afin de répondre plus efficacement à une demande qui croît et devient hétéroclite.

En effet, la demande ne cesse d'évoluer. Parallèlement à l'augmentation du marché en terme de chiffre d'affaire, le marché s'est segmenté en faisant apparaître deux types de consommateurs. Alors que la demande était composée de consommateurs " engagés " et fidèles aux points de vente spécialisés, les nouveaux consommateurs dits " occasionnels " ont des attitudes peu compatibles avec les intérêts de la filière biologique.

En terme de commercialisation, la nature des distributeurs de produits biologiques s'est diversifiée. Le circuit traditionnel existe déjà et compte près de 3000 boutiques spécialisées en France. Mais cet engouement pour les produits biologiques représente également une opportunité tant en terme de rentabilité que d'image pour les professionnels de la grande distribution. Toujours à l'affût de niches prometteuses et rémunératrices, toutes les enseignes de grandes et moyennes surfaces qui croient désormais à l'avenir de la bio, se positionnent sur ce créneau. La progression du marché semble s'effectuer davantage en leur faveur puisqu'elles représentaient 45% des ventes en 1999, contre 26% en 1994. Même si les enseignes spécialisées profitent aussi cette croissance de la demande en réalisant 35% des ventes contre 28% en 1994, il est encore difficile de savoir si les bioproximités parviendront à s'imposer, voire résister à la concurrence des grandes surfaces.


Pourquoi les évolutions de la filière biologique ne se font-elles pas davantage en faveur des distributeurs spécialisés ?


Il convient dans un premier temps d'effectuer une analyse de la filière biologique. L'objet du premier chapitre consistera à présenter l'agriculture biologique et ses évolutions en faisant apparaître ses faiblesses et menaces et pour finir, l'implication des institutions dans l'organisation de la filière. Dans un deuxième chapitre, nous étudierons, à travers le secteur de la transformation, les facteurs explicatifs du passage d'une logique de filière à celle de marché.

Dans un deuxième temps, nous étudierons les caractéristiques de la distribution spécialisée. D'abord, nous exposerons les particularités juridiques de ces magasins biologiques et l'évolution des relations qu'ils entretiennent avec leurs fournisseurs. Ensuite, nous analyserons leur environnement concurrentiel.

Enfin, la troisième partie, fondée partiellement sur une enquête par questionnaire que nous avons réalisée, sera consacrée à l'étude du comportement de consommation et d'achat. Les caractéristiques quantitatives de la demande de produits biologiques seront l'objet du premier chapitre, puis nous analyserons le comportement d'achat des consommateurs en plaçant le choix du type de magasin fréquenté au c?ur de notre travail.
Nous vous rappelons que le téléchargement des travaux (mémoires et thèses) présentés sur le site iQuesta.com est destiné à un usage strictement privé. Toute reproduction desdits travaux pour un usage autre que privé effectuée sans le consentement de l'auteur constitue une contrefaçon susceptible d'entraîner des sanctions à votre encontre (articles L.122-4, L.122-5, L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle).

Contact

Alexis Boutin-Guillemot

Université de Nantes
n/a