La coopération entre PECO depuis 1989 - Fin ou moyen ?
François Hurstel
Mémoire publié en 2006 - 73 pages


Résumé

En 1991, la chute du bloc soviétique instaure un nouvel ordre international en Europe orientale et centrale. Les PECO (pays d’Europe centrale et orientale) se retrouvent « orphelins », livrés à eux-mêmes après des dizaines d’années de vie orbitale, intégrés au géant soviétique. C’est alors que la coopération entre ces pays devient nécessaire et résulte d’une volonté profonde des dirigeants ; les premiers accords de coopération sont signés, les premiers cadres de collaboration sont mis en place entre les PECO qui prennent conscience des défis économiques, politiques, sociaux et culturels qui les attendent.

Qu’entend-on exactement par PECO ? La liste des pays peut varier d’une encyclopédie à l’autre. En effet, l’INSEE par exemple n’inclut que dix pays sous le terme PECO (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Slovénie, République Tchèque, Croatie) pendant que wikipedia en dénombre 21 avec les 4 de Visegrad (Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie), les pays nordiques et balkaniques de l’ex-Yougoslavie, les autres pays balkaniques, les pays baltes et enfin les pays post-soviétiques occidentaux. Sa définition est large également ; « notion qui regroupe depuis les années 1980 les anciens pays communistes du centre et de l’est de l’Europe ». Si tous les PECO vont nous intéresser à un plus ou moins grand degré, nous nous pencherons plus particulièrement sur les 10 ayant intégré l’Union Européenne en mai 2005 ainsi que ceux les plus enclins à les rejoindre ; Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie Monténégro, Macédoine et Albanie. Cependant, étudier les PECO à travers la coopération régionale va nous amener à considérer des cadres de collaboration qui intègrent des pays hors PECO tels que l’Allemagne ou l’Italie respectivement membres du Conseil des Etats de la mer Baltique (CEB) et de l’initiative centre européenne (ICE), deux des plus importants cadres de coopération.

Sous le terme « coopération » nous regroupons tous les efforts faits par les PECO dans le but de déterminer une politique commune sur des sujets aussi variés que la sécurité, l’économie, l’agriculture, la culture, l’environnement, la justice, la politique étrangère, l’éducation ou la défense. Etudier tous les efforts implique la prise en compte de cadres de coopération formels et officiels (trois principaux ; ICE, Groupe de Visegrad et CEB), mais aussi des échecs, des accords isolés multilatéraux, des discussions et des concertations. Les relations bilatérales entre PECO ne seront à priori pas étudiées sauf lorsqu’elles ont des conséquences plus générales. La détérioration des relations slovaquo-hongroises au sujet du contentieux sur le barrage de Glabcikovo dans la deuxième moitié de 1992 par exemple a constitué un fort obstacle à la coopération au sein du Groupe de Visegrad. Les relations bilatérales seront également considérées lorsqu’elles constituent des obstacles à la coopération régionale.

Par « années 1990 », nous partons de la chute du bloc soviétique pour aller jusqu’à l’intégration des 10 PECO à l’UE (Union Européenne) en mai 2005. Sous la domination soviétique cependant, nous étudierons sommairement la coopération (ou devrions-nous dire soumission ?) qui a pu exister alors, dans la mesure où les habitudes prises à cette époque ont influencé la période qui nous intéresse. Mai 2005 comme borne finale a été choisie car cette date, outre son aspect symbolique pour ces pays, offre une perspective à notre étude. En effet étudier la coopération entre PECO jusqu’à l’intégration à l’UE peut présupposer que cette intégration met fin à la coopération régionale, ou au contraire, qu’elle lui donne un nouvel élan.

Cette dernière question pose le problème du sous-titre ; la coopération a-t-elle été seulement un moyen pour intégrer l’UE ou est-elle une fin en soit ? L’espoir de l’intégration à l’UE (comme à l’OTAN) chez les PECO a toujours motivé la coopération entre eux et a été un fil conducteur au cours de ces quinze années. Dès lors, alors que la coopération régionale n’a pas été la seule condition posée par l’UE et l’OTAN pour intégrer leurs structures, l’espérance dans cette intégration a-t-elle été la seule motivation de la coopération entre PECO ? La question centrale, car elle répond à toutes les autres interrogations (échecs, lenteurs, blocages mais aussi succès et espoirs) que nous nous poserons au fil du devoir, est celle du degré de volonté des PECO à s’intégrer dans des structures régionales de l’est et du centre de l’Europe. Outre leur bonne volonté apparente, les structures créées, les déclarations ambitieuses et optimistes, n’y a-t-il pas eu, chez les dirigeants, une crainte diffuse face à une trop forte intégration à l’Est et au Centre de peur de s’éloigner de l’Ouest ? Toute la complexité du problème réside dans cette dernière question, tout en sachant que les institutions occidentales ont elles-mêmes, dès 1991, posé comme condition à l’intégration des PECO dans leurs structures (UE et OTAN), la coopération entre eux.

Pour étudier ce jeu de balance, il convient d’abord de voir qu’en 1991, le rapprochement entre les « orphelins du communisme » est nécessaire, tant pour des raisons économiques que de sécurité.

Dès lors, différentes structures de coopération naissent, mais les accords définitifs, ne sont que rarement à la hauteur des ambitions affichées dans un premier temps.

Peut-on dire pour autant que le véritable objectif de certains PECO a été le rapprochement régional dans le seul but de mieux s’ancrer à l’ouest, ce qui aurait bloqué une coopération plus profonde et poussée ?
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