Guyton de Morveau et l'enseignement de la pharmacie à Dijon au XVIIIème siècle.
Thèse publié en 2005 - 118 pages


Résumé

Louis-Bernard Guyton de Morveau naquit à Dijon le 4 janvier 1737 au sein d?une vieille famille de médecins de campagne bourguignons. Il s?éteignit à Paris le 2 janvier 1816.

Juriste de formation et de métier, il se consacra toute sa vie avec passion à la chimie. Ses travaux dans ce domaine lui apportèrent rapidement une immense notoriété. Soucieux du bien de ses concitoyens, il avait pour leitmotiv l?harmonisation des lois et des coutumes. C?est ainsi qu?il initia le projet d?une nouvelle nomenclature chimique, donnant un langage commun à cette science et contribuant à la développer de façon spectaculaire. La plupart de ses autres découvertes furent le fruit de recherches brèves, apportant rapidement une réponse concrète et efficace aux problèmes de ses contemporains, mais pas assez abouties pour résister à l?épreuve des siècles.

Certains de ses travaux eurent cependant plus d?impact sur notre environnement que nous pourrions le penser de prime abord. En effet, son procédé de désinfection de l?air par l?acide muriatique, qui sauva tant de vies au cours des guerres de l?Empire, permit de découvrir les propriétés désinfectantes du chlore par oxydation. Nous lui devons donc indirectement l?eau de Javel, la désinfection de nos piscines et de l?eau de boisson. De même, la découverte de la liquéfaction de l?ammoniac permet aujourd?hui de l?utiliser comme solvant chimique et industriel.

Pendant la Révolution, sa célébrité l?entraîna progressivement à la tête du pays. Il ne fut cependant pas à l?origine de grandes réformes. Travailleur acharné, c?était à lui qu?incombaient les tâches obscures et laborieuses. Il s?en acquittait au mieux, certain de servir le bien public. Il ne tira ainsi aucun bénéfice de son bref passage au pouvoir, bien au contraire, puisqu?en homme doux et humaniste, il devait regretter jusqu?à sa mort de s?être laissé entraîner à prendre part à ces évènements sanglants.

En 1774, en sa qualité de chancelier de l?Académie de Dijon, il obtint des États de Bourgogne la fondation d?un cours public et gratuit de chimie. Il se chargea d?en occuper la chaire durant treize ans bien qu?il ne fût pas d?usage d?associer les fonctions de magistrat à celles de professeur. L?Académie, rappelant que les gens instruits ont le devoir d?instruire les autres, tentait de suppléer à l?absence de Faculté à Dijon. Cette entreprise contribua beaucoup à propager dans la Province le goût des sciences et de leurs applications utiles, et c?est grâce à elle que la pharmacie bourguignonne passa du statut d?art à celle de science.

En cette fin de XVIIIème siècle, la pharmacie était sur son déclin. A trop se replier sur elle-même, la profession était devenue peu attractive et le manque d?apprentis commençait à se faire sentir. L?obligation d?assister aux cours de l?Académie, imposée aux aspirants dijonnais par un acte de 1782, amorça l?un des premiers enseignements théorique de la pharmacie en France. L?idée d?un monopole de compétence était enfin posée. Elle fut étendue à tout le territoire par la loi de 1803, lors de l?étatisation de l?enseignement, ce traduisant concrètement par la démocratisation et l?uniformisation des soins que chaque citoyen de la jeune République était en droit de recevoir.
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