Etude de la dyade Mère / Cabri chez le chamois Rupicapra rupicapra dans le Parc National de la Vanoise
Laurent Tarnaud
Mémoire publié en 2000 - 255 pages


Résumé

De nombreux scientifiques européens ont déjà travaillé sur ce thème longitudinalement ou ponctuellement. Couturier (1938) en est sans doute le premier en rapportant ses observations naturalistes sur la naissance du cabri. Plus tard, ce sont Krâmer (1969), Vaucher (1988), Lamerenx (1988) qui ont étudié les comportements à la naissance et les grandes phases de développement de l'immature.
Ceux sont encore, Bousse et Cornaire (1982), Gonzalez (1984, 1990), Richard-Hansen (1988), Guery et collègues (1990) et plus modestement sur ce thème Lovari (1985), Rucksthul et Ingold (1994) ainsi que quelques autres ; la liste serait trop longue.
La plupart de ces auteurs sont cités ici à titre de rappel. Le détail de leur travaux est longuement exposé dans la première partie de ce travail.

Mon terrain se situe dans le Parc National de la Vanoise, premier Parc National Français à être créé (1963) et qui est aujourd'hui le plus visité de tous hiver comme été. C'est un des joyaux des Alpes européennes avec certains de ses secteurs classés, depuis 1988 et la conférence de Ramsat, en Réserves Naturelles et Réserves de Biosphères (Réserves naturelles de L'Iseran pour ne citer qu'elle), patrimoine mondial.
Joyaux de hautes montagnes dont l'emprise humaine, touristique et pastorale, est importante, il est sans doute le parc national français, " cloche" qui s'apparante le plus à l'exception cévénole. Mais, si le " Parc National des Cévennes " laisse une place à l'homme, c'est de sa renommée qu'est victime le Parc National de la Vanoise.
Mon terrain d'étude (présenté ci-après avec le nombre et les lieux des observations) appartient au secteur de Vallandry/Pesey-Nabcroix. C'est le val de la Sache (2400 m ) qui court sous le col de la Sachette (2700m) et les flancs sud-est et Sud-Ouest du dôme de la sache (3400 m) dominé par la pointe du même nom (3600 m) à côté du très connu Mont Pourri, destination de nombreux alpinistes.
Le vallon de la Sache surplombe de 400 m le fond de la vallée glacière du lac de La Plagne -zone de pastoralisme pour les bovins- qui s'étale entre 2000 m et 2100 m et qui est remonté par le G.R. 5 (Chemin de grande randonnée) qui traverse les Alpes jusqu'à la Corse. De lui partent les sentes qui mènent au Vallon de la Sache puis au col du même nom qui fait basculé la vue sur la Ville de Tignes, son lac et ses stations de ski, a à peine 5 heures de marches. Autrement dit, le Vallon de la Sache qui abrite les chevrées de chamois et celles de bouquetins à l'équilibre écologique fragile est encerclé par des sites de production de nuisance potentielle redoute par les amis de la nature.
Pourtant, selon des observations directes, le vallon de la Sache est peu fréquenté car, il propose une randonnée " difficile " pour le montagnard improvisé que représente le gros du flot touristique. La nuisance est, sans doute minimale en été, quasi nulle hors saison -toujours d'aprèsdes constatations personnelles-. Elle est certainement plus importante en hiver car les remontées mécaniques offrent presque sans défense, celle de l'effort, le site au skieur du fait de sa situation entre Tignes et les Arcs.

Le biotope par lui même est sauvage. On y observe marmottes, bouquetins et bien sûr chamois mais aussi renard, lagopède alpin, traquet motteux, grand corbeau, crave à bec jaune, aigle royale qui niche en contre bas dans une paroi du fer à cheval de Pesey-Nancroix et gypaète barbu, lui, uniquement de passage...
La flore est tout aussi riche avec ses violettes, ses pédiculaires, ses saxifrages, ses chardons, ses renoncules, ses joubardes, ses orchidées ...
La géologie offre, elle, toute la magnificience et la grandeur écrasante de la montagne. Glaciers du dôme de la Sache et névés en contre bas marient leur blancheur à la grisaille aux reflets tantôt sombres, tantôt clairs ou rougeâtres du minéral tracassé de faille et mourrant sur le vert des prairies alpines en éboulis de caillasses, de blocs sevrés des crètes de la Platière gisant là comme des navires échoués sur l'aigu des pentes. Le vallon de la Sache est encore traversé par " le glouglou " rapide des cascades puis torrents qui dévalent, naissant soudainement dans une faille de sous les glaces vers 3200 m (pour le détail de la carte se reporter au schéma présentant le site).

Dans le grandiose de ce site montagnard dont vous aurez compris qu'il rassemble ma passion du monde animal et de la montagne, j'ai cherché à réaliser une approche dynamique des relations entre le cabri du chamois (Rupicapra rupicapra) et sa génitrice sous l'éclairage des " théories de la reconnaissance parentale " et de " l'attachement " (Bowlby, 1971) à partir de ma recherche bibliographique précédente : " Le comportement parental et alloparental " (TARNAUD, 1995) au sein d'une harde de chamois du Parc national de la Vanoise (France, Savoie) du secteur de Pesey-Nancroix au cours de 42 heures d'observation sur le terrain.

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Laurent Tarnaud

Université Paris Descartes
Laboratoire de Biosociologie Animale et Humaine