Analyse psycho-interculturelle de la baisse de fréquentation des jeunes femmes turques à la mission locale de Thiers.
Esther Gras
Mémoire publié en 2004 - 100 pages


Résumé

Depuis 4 ans environ, la Mission Locale fait le constat d'une baisse de fréquentation des jeunes femmes immigrées turques, qui, fiancées ou mariées au pays, venaient à la structure dans le but déclaré de trouver du travail pour satisfaire aux conditions de regroupement familial.

Cette observation réalisée par l'équipe de la Mission Locale n'est basée sur aucun élément concret dès lors qu'elle ne peut être chiffrée, les bases de données disponibles ne permettant pas de faire la distinction entre les différentes origines nationales du public accueilli (cf : Loi Informatique et libertés).

Afin de confirmer ou d'infirmer cette observation, la Mission Locale a souhaité réaliser une étude financée par le FASILD (Fonds d'Action et de Soutien pour l'Intégration et la Lutte contre les Discriminations) et pour laquelle elle a sollicité le partenariat de l'UFR de Psychologie Sociale de Clermont-Ferrand. Cette étude m'a été confiée, dans le cadre de mon stage de fin d'étude, en supervision de Dominique UHLEN-TOURNEYRE, en sa qualité de responsable de la structure d'accueil, d'Isabelle TOURRET, chargée de projet et Michaël DAMBRUN, enseignant chercheur à l'UFR de Clermont-Ferrand spécialiste des questions d'interculturalité.

L'objectif de cette étude a donc pour but d'identifier les causes possibles de la désaffection du public cible puis de formuler des pistes d'action à mettre en oeuvre pour faire évoluer favorablement la situation.
Plusieurs hypothèses ont déjà été formulées par la Mission Locale :
- hypothèse 1 : la législation a peut-être évolué et se serait assouplie facilitant de fait les conditions à remplir pour prétendre au regroupement familial.
- hypothèse 2 : les jeunes filles d'origine turque auraient des stratégies différentes dans leur recherche d'emploi et bénéficieraient de "réseaux" d'employeurs turcs qui leur fourniraient aisément un emploi répondant aux exigences requises.
- hypothèse 3 : les jeunes filles d'origine turque auraient acquis ou seraient de nationalité française, ce qui supprime alors l'exigence liée au travail.
- hypothèse 4 : la Mission Locale, de par son fonctionnement ou à travers les solutions qu'elle proposerait, pourrait paraître menaçante ou inefficace aux yeux de la communauté turque.

En tenant compte des hypothèses citées plus haut et avant tout autre préalable, nous avons réétudié la législation en vigueur en matière d'immigration et plus précisément de regroupement familial. En effet, si la loi a été modifiée dans ce domaine et que les conditions liées à l'obligation de travail se sont assouplies, les jeunes femmes turques n'éprouveraient plus le besoin d'un suivi et d'un accompagnement Mission Locale.

Puis, avant d'envisager l'action par elle-même, il a été convenu d'interviewer des personnes en contact avec le public cible afin de recueillir leurs impressions et tenter d'identifier "sa" problématique. Les personnes interrogées ont été contactées soit du fait de la fonction qu'elles occupaient en tant que professionnels (travailleurs sociaux, représentants de l'Education Nationale...), soit à titre personnel du fait de leur origine (turque) et/ou de leur engagement associatif.

Ce mémoire sera donc organisé en 2 parties : il sera fait un point sur l'immigration turque en général et ses conséquences sur le bassin thiernois et un point sur la législation en vigueur en matière d'immigration. C'est au cours de cette première partie qu'il sera fait une synthèse des entretiens réalisés auprès des acteurs de terrain cités plus haut.
Dans une seconde partie, beaucoup plus développée, nous irons au coeur de la problématique, objet de notre étude, en liant à cela le point de vue de la psychologie interculturelle.
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Contact

Esther Gras

Université Blaise Pascal
Laboratoire de Psychologie Sociale et de la Cognition