Aujourd'hui en France, de plus en plus de personnes meurent à l'hôpital. Cependant, confrontés à une population culturellement différente, en unité de soins, les soignants peuvent se trouver en difficulté par manque de formation. Cette disparité culturelle est-elle réellement un frein à la prise en charge palliative hospitalière ou d'autres facteurs tels le statut socio-économique et juridique y sont étroitement liés ?
Notre questionnement anthropologique est donc de cerner si l'altérité constitue une valeur fondamentale à inclure dans la prise en charge palliative dans un établissement de santé.
L'enquête a été réalisée dans un CHU de la Seine-Saint-Denis accueillant plus de quatre-vingt nationalités. Notre recherche s'est orientée sur deux axes.
En un premier lieu, nous avons étudié les relations médecin-malade à différentes phases de la maladie, de l'annonce au traitement et jusqu'à l'incurabilité, où l'hégémonie médicale détient toute puissance. La vulnérabilité du patient malade et immigré, voire en situation irrégulière sur le territoire, conditionne et maintient cette suprématie médicale.
Le second axe s'est orienté sur les pratiques quotidiennes soignantes autour du patient en fin de vie, pour lequel l'équipe de soins ne bénéficie d'aucune formation. Cependant, chacun avec son savoir et sa sensibilité s'efforce d'y répondre par des tentatives de « débrouille » et de « bricolage », afin d'accompagner dignement ces personnes au « bien mourir ».