Les bibliothèques situées en province sont nombreuses à posséder des collections de livres imprimés et manuscrits remontant à l?Ancien Régime. Toulouse figure parmi les villes dont les bibliothèques ont été classées en 1931, en raison de la qualité et de l?importance de leur fonds. Les collections du fonds ancien de la bibliothèque municipale de Toulouse trouvent leur origine, comme dans la majorité des cas, à la fois dans le mécénat de quelques bibliophiles généreux du XVIIIe siècle et dans les confiscations révolutionnaires.
Capitale régionale rayonnant par une grande activité littéraire et scientifique, la ville de Toulouse était dotée de nombreuses et riches bibliothèques : plus de quinze bibliothèques conventuelles privées, quelques bibliothèques rattachées à des établissements d?enseignement, deux bibliothèques d?académies, et plusieurs bibliothèques de particuliers, ainsi que quatre bibliothèques publiques. Nous reviendrons dans les deux premiers chapitres sur le réseau de bibliothèques privées et publiques dont bénéficiait la ville de Toulouse à la fin de l?Ancien Régime, afin de saisir le contenu et surtout l?ampleur des confiscations révolutionnaires, et pour apprécier l?étendue des richesses littéraires dont allait hériter la future bibliothèque municipale de Toulouse.
Après les confiscations des premières années de la Révolution, la mission des assemblées parisiennes allait être de reconstruire un nouveau monde du livre répondant à son idéal d?éducation de la Nation et de rendre accessibles les bibliothèques privées de l?Ancien Régime au public le plus large possible. Le chapitre III s?intéresse aux moyens mis en ?uvre pour conserver et inventorier les collections de livres saisis. Le décret du 8 pluviôse an II (27 janvier 1794) prévoyait d?instituer une bibliothèque publique par district qui rassemblerait tous les ouvrages confisqués installés dans les dépôts littéraires ; à Toulouse, les bibliothèques saisies ne furent pas toujours accueillies dans de bonnes conditions de conservation dans les dépôts, comme nous le verrons dans le chapitre IV. Le chapitre V s?intéresse plus particulièrement à la Commission bibliographique de Toulouse, instaurée après le décret du 8 pluviôse an II. Son travail, inventorier et cataloguer des milliers de livres, prit du retard pour différentes raisons (chapitre VI).
Après que les bibliothèques de districts furent supprimées, une bibliothèque rattachée à l?école centrale fut instituée dans chaque département. On se rendit compte rapidement que les milliers de documents amassés dans les dépôts littéraires ne pouvaient servir à composer les bibliothèques nouvellement créées (chapitre VII). Par le décret du 8 pluviôse an XI (28 janvier 1803), l?Etat confia finalement la gestion des bibliothèques des défuntes écoles centrales aux municipalités (chapitre VIII).