Audit et Conseil : Audit - Conseil où est la frontière ? |
Dans un contexte réglementaire renouvelé et complexifié, les principaux acteurs de l'audit-conseil ont vu leurs parts de marché augmenter dans l'ensemble des secteurs d'activité. 2008 s'annonce donc comme une très bonne année pour le secteur, les intentions de recrutement étant supérieures à celles de 2007. Selon l'APEC, quelques 25.000 embauches sont ainsi prévues sur tout le territoire.
Les métiers
On peut distinguer plusieurs spécialités dans le conseil aux entreprises. Outre l'audit financier, qui recouvre tous les aspects liés à l'expertise des comptes des grandes sociétés, on distingue également le conseil en stratégie et management, le conseil en organisation et en systèmes d'information, et le conseil en conduite du changement et ressources humaines.
Les métiers de l'audit et du conseil sont donc particulièrement riches et variés. Ils permettent de se familiariser avec les différentes formes d'organisation de l'entreprise et les différents secteurs d'activité.
Auparavant limitée à l'audit comptable, financier et administratif, la mission de l'auditeur s'étend aujourd'hui à l'ensemble des fonctions opérationnelles de l'entreprise et ses missions s'exercent au sein de structures et d'environnements très divers.
On distingue l'auditeur interne, qui travaille dans de très grandes structures où il veille au respect de l'application des règles financières et comptables, de l'auditeur externe, qui exerce dans des cabinets d'audit et de conseil et qui est détaché chez l'entreprise cliente pour y effectuer des missions d'audit légal et de commissariat aux comptes, voire des missions de contrôle et de conseil. Son rôle : permettre d'apprécier la situation financière réelle de l'entreprise et d'évaluer les risques.
De la même manière, il existe autant de types de postes de consultants que de fonctions présentes au sein des entreprises, et les domaines d'intervention sont variés : accompagnement dans la mise en place de systèmes d'information (ERP, e-business, CRM, aide à la décision...), conseil en stratégie (fusion, acquisition, partenariat, développement international...), en ressources humaines (accompagnement de restructurations, gestion des compétences et de formation du personnel...). En renfort d'un consultant senior ou d'un chef de projet, le consultant junior intervient sur la partie production ou études : analyse de la demande, observation, puis diagnostic.
Audit - Conseil où est la frontière ?
Jusqu'à récemment, les grands cabinets regroupaient généralement les deux activités d'audit et de conseil. L'évolution marquante s'est opérée à la fin des années 90.
La première raison de ce changement a été d'ordre éthique : les grands cabinets ne pouvaient conseiller les clients pour lesquels ils certifiaient déjà les comptes.
La Loi de sécurité financière (LSF) de 2003 a entériné cette séparation, en énonçant clairement l'indépendance des commissaires aux comptes, qui ne peuvent plus prendre, recevoir ou conserver un intérêt auprès des personnes dont ils sont chargés de certifier les comptes.
Néanmoins, malgré cette séparation, la frontière entre les deux métiers reste aujourd'hui encore assez floue. En effet, si la mission première de l'auditeur consiste à vérifier et certifier les comptes d'une entreprise, les audits financiers donnent souvent lieu à une analyse de ce qui a pu provoquer tel ou tel état financier : on s'oriente alors vers une mission de conseil.
Ainsi, l'audit et le conseil sont fortement complémentaires, et par là même indissociables. Nombre de grands cabinets ont dû reste conservé une branche conseil.
Les secteurs d'activité
Les grands cabinets d'audit et de conseil connaissent depuis quelques années un boom spectaculaire.
En effet, depuis la Loi de sécurité financière de 2003, les activités de contrôle et de procédures internes sont particulièrement demandées dans les entreprises. De même, les auditeurs sont également très demandés pour assister les sociétés dans leur passage aux normes comptables internationales (International Financial Reporting Standards - IFRS) en place depuis le 1er janvier 2005 et applicables à toutes les sociétés européennes cotées en bourse.
Les systèmes d'information sont également au coeur des préoccupations des entreprises depuis quelques années, et la demande dans ce secteur est forte. Pour preuve, les SSII ont été amenées progressivement à fournir cette valeur ajoutée supplémentaire de conseil, par rapport à leur métier de base de conception de solutions informatiques.
Les profils recherchés
Les métiers de l'audit et du conseil concernent principalement les profils bac+5.
Aujourd'hui, les écoles de commerce sont fortement concurrencées par les écoles d'ingénieurs, et particulièrement dans le secteur du conseil, qui requiert des compétences spécifiques (par exemple en systèmes d'information, en logistique, en nouvelles technologies, etc.). Les profils universitaires sont également de plus en plus recherchés, notamment par les cabinets d'audit.
Les qualités requises pour travailler dans le secteur de l'audit et du conseil sont nombreuses. Il faut être à même de comprendre, d'évaluer, d'analyser les problématiques, mais également de pouvoir les anticiper et finalement de préconiser des solutions. Il faut aussi faire preuve d'une grande capacité de communication et d'une certaine force de persuasion, pour faire adopter les propositions.
Enfin, les langues sont également très importantes, en particulier au sein des cabinets internationaux où l'anglais est presque toujours obligatoire.
Perspectives d'évolution des Jeunes Diplômés
Le secteur de l'audit et du conseil est porteur et les embauches de jeunes diplômés au sein des grands cabinets n'ont cessé d'augmenter ces dernières années. Le stage reste un moyen privilégié par les cabinets pour l'intégration d'auditeurs juniors ou de consultants.
Pour les profils les plus performants, la montée en grade peut être très rapide. Il faut généralement entre deux et quatre ans pour qu'un auditeur puisse évoluer vers une activité de conseil. Le consultant pourra être amené à se spécialiser par secteur d'activité ou à acquérir une expertise métier.
Outre les passerelles métiers, l'international est également une opportunité d'évolution pour les profils juniors, tout comme l'accès aux fonctions financières au sein des entreprises.
Enfin, il existe une certaine homogénéité des politiques de rémunérations au sein des cabinets d'audit et de conseil. Si les salaires varient en fonction de l'école du candidat, ils avoisinent, pour un débutant à bac+5, les 30 000 € bruts annuels.
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